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Interview : Lena Hoschek

Lena Hoschek nous a fait l’immense privilège d’accueillir Folie Vintage pour une interview exclusive lors de sa courte venue à paris, mi-septembre, pour La Première Vision (1er salon mondial  du textile d’habillement, un salon professionnel, du 19 au 21 septembre). Nous la remercions d’avoir accepté cette rencontre. (On vous parlait déjà de Lena ici, et on annonçait la nouvelle collection ici)

Lena Hoschek nous accueille à son hôtel avec le sourire et vêtue de sa dernière collection : la « plissee skirt florist » en bleu marine et la blouse « Frou Frou » en chocolat (ce qui nous donne, bien sûr, encore plus envie de se procurer sa collection automne / hiver 2012-2013 !). La soirée s’annonce agréable, la belle Lena est abordable et enjouée.

Nous nous intéressons tout d’abord à ses inspirations, et à ce qui l’a poussée à devenir créatrice de mode. Charles Dickens est l’un de ses auteurs favoris.  Elle aime beaucoup les années 20 à 50 mais la Belle Époque (1860) a une place privilégiée dans son cœur. Elle apprécie beaucoup la série Downton Abbey (qui se passe au début du siècle en Angleterre) pour la qualité de ses costumes.

Lena Hoschek a de nombreuses sources d’inspirations, mais c’est le cinéma qui l’a le plus influencée.  « Beaucoup de films ont marqué mon enfance, notamment Autant en emporte le vent, un de mes films favoris, nous confie-t-elle avec un petit sourire. Une des scènes qui m’a le plus fasciné dans ce film, c’est quand Mammy mesure la taille de Scarlett après qu’elle ait eu un bébé, et qu’elle lui dit qu’elle fait 50 cm de tour de taille. Scarlett s’indigne en disant qu’il faut serrer le corset encore plus fort, car elle veut redescendre à 46 cm de tour de taille ! » Son actrice préférée est Capucine, une belle française qui a joué dans La panthère rose et Le bal des adieux : « Elle est incroyable ! Mais je crois que Sophia Loren est l’actrice qui m’inspire le plus, depuis toujours. C’est une vrai sex bomb ! Elle est sûre d’elle, mais ne se prend pas trop au sérieux et sait se moquer d’elle-même ! Tous les hommes la veulent, mais elle, c’est une femme libre, elle fait ce qu’elle veut ! ». Sophia Loren représente la figure idéale féminine pour Lena. Le fameux « hour glass » : taille fine, rondeurs aux hanches et à la poitrine. Elle adore également Marylin Monroe ! Car c’est bien ce qui a donné envie à Lena Hoschek de se lancer dans la mode, cette silhouette féminine à damner les hommes !

Fascinée par les sous-vêtements vintage et leur histoire, elle apprécie surtout l’idée de superposer des couches ! «Je trouve ça très sexy d’avoir à enlever plusieurs épaisseurs, c’est comme déballer un paquet cadeau ! S’il y a juste le cadeau sans le paquet, c’est moins drôle, non ? Par exemple,  j’adore les boutons, car on doit prendre le temps pour les déboutonner un par un !  » Le sous vêtement qu’elle aime ? Le corset : « C’était parfait pour se sentir bien dans son corps à l’époque, pas de jalousie, car il permettait à toutes les morphologies d’avoir la taille marquée et de rentrer dans les robes. Aujourd’hui aussi, c’est pratique mais parfois ça se voit sous les robes…»

Pour Lena Hoschek , la mode, c’est fait pour séduire : « Je pense, nous confie Lena, que tout ce qui est lié à la mode est sexuel. On s’habille pour plaire, hommes ou femmes, et pour séduire. C’est la première fonction même ! C’est biologique, on veut attirer l’autre ! » De beaux vêtements pour plaire mais aussi se plaire ! Alors, qu’est ce qui attire Lena ?  «Ce qu’on aime est important et personnel. Pour ma part, j’aime les femmes qui ressemblent à des femmes et les hommes qui ressemblent à des hommes. J’aime l’image du gentleman et de la lady ! J’adore la coupe de cheveux de Clark Gable !  Je le trouve très sexy ! Petite, j’aimais l’odeur de l’après rasage de mon père, pour moi c’est synonyme de sexy. J’ai toujours du désinfectant pour les mains car ça me rappelle cette odeur !». À chacun sa petite touche sexy !

Lena Hoschek s’est lancée dans sa propre marque jeune, après une expérience chez Vivienne Westwood, à Londres. « J’avais envie de créer ma propre marque, qui ressemble à ce que j’aime. Je me suis lancée en novembre 2005. Je voulais créer des robes à l’image de cette figure féminine rétro que j’aime tant,  à l’image des femmes telles que Sophia Loren. »

Lena n’est pas que styliste, mais c’est également une vraie couturière et assiste donc à toutes les étapes de créations de ses collections. « Pour moi le tissu utilisé est très important et je passe beaucoup de temps à les choisir. Parfois, c’est un tissu qui me donne l’idée d’un vêtement, et parfois j’ai une idée de robe et je cherche longtemps le tissu parfait pour la réaliser ! J’ai des milliers d’échantillons de tissus à mon atelier, et je dois en sélectionner une centaine pour une collection… Et j’ai tellement de choses à gérer en même temps!  Je peux passer 6h au téléphone et le peu de temps qu’il me reste, je choisis à l’atelier les tissus pour la collection à venir. Je sais exactement comment tel tissu va tomber ! Je montre aux tailleurs ce que je peux faire de mieux avec sur le vêtement, j’adapte mon design par rapport au dessin original si besoin ». Cette recherche de tissus de qualité explique les prix de la marque. En effet, elle nous explique : « On produit tout en Europe, et on se fournit en Europe. On privilégie donc beaucoup les artisans, plutôt que les grosses usines en Chine, mais ici tout est très cher ! Les tissus ne sont pas donnés. Par exemple, pour la robe la Vie en Rose, la dentelle est de Calais (France). Ça explique les prix de la marque ! » De plus, Lena Hoschek a à présent une cinquantaine d’employés et plusieurs boutiques physiques en Allemagne et Autriche. Au début,  elle devait tout faire seule !

S’il y a un moment où vous devez venir à Berlin, ce serait pour voir un défilé de Lena Hoschek lors d’une fashion week. Lena nous confie que pour les défilés, « c’est énormément de travail aussi, et beaucoup de stress ! Les modèles de catwalk doivent être grandes. Elles se changent presque 3 fois lors d’un défilé, alors elles doivent rentrer dans tout, et surtout bien le porter ! Je choisis environs 36 modèles. Et c’est très dur ! Il y en a des centaines lors du casting. Et je veux qu’elles se ressemblent toutes, comme au Crazy Horse ! »

Et oui, c’est beaucoup de travail ! Du croquis à la création jusqu’à l’organisation des défilés, une marque n’est pas de tout repos ! Mais nous, on remercie très fort Lena Hoschek pour tout ce travail fourni et son talent à faire de chaque femme une beauté digne de Sophia Loren !

http://www.folievintage.fr/img/hand.png http://shop.lenahoschek.com

Par Nella Fragola pour Folie Vintage

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