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I’m a soul man !

C’est à la fin des années 50 que l’on entend parler pour la première fois de l’appellation « Soul Music ». Ce terme apparaît dans un célèbre album de Ray Charles. C’est une musique qui puise ces racines dans les églises de Gospel et l’urbanisation du rhythm’n’blues. On peut donc dire que James Brown, Ray Charles et Sam Cooke sont à l’origine de cette musique, même si elle va rapidement évoluer et prendre différentes formes en fonction du lieu et des artistes qui l’interprètent…

Un peu d’histoire…

Dans le sud des USA au début du 20ème siècle, les travailleurs noirs du sud chantent le blues pour exprimer leur détresse et leurs sentiments, ainsi que la misère sociale dans laquelle ils se trouvent. La migration vers le nord pour trouver du travail en prévision d’une meilleure qualité va s’accentuer. Elle va se développer avec l’industrialisation. Cette mutation va transformer profondément le blues. La rencontre avec des musiciens blancs qui jouent de la country ou Hillbilly va donner naissance à un autre courant musical majeur, le rockabilly ou plus largement le rock’n’roll. Les noirs restent cependant attachés à leur culture. Certains bluesmen resteront fidèles aux racines du blues et continueront à jouer du pur Mississippi, comme Robert Johnson, BB King, JB Lenoir… et bien d’autres.

robert-johnsonRobert Johnson

Face au déferlement du rock’n’roll, la jeunesse noire en quête d’identité cherche à s’identifier à travers une musique originale, innovante, avec des rythmes plus syncopés et des riffs à couper le souffle. Au début des années soixante, la soul music explose. Les labels décident alors de proposer à la population blanche une musique entraînante et dansante. A Memphis Tennessee, le label Stax Records décide de mélanger des musiciens blancs de renom (Steve Cropper, Donald Duck Dunn), immortalisés dans le célèbre film de John Landis, Les Blues Brothers.

Donald 'Duck' Dunn, leftDonald Duck Dunn, Booker T, Steve Cropper et Al Jackson. Photographe : Michael Ochs Archives

Jim Stewart, fondateur (blanc) du label, tient à impulser une musique proche de ses racines, rapide et incisive. Un groupe de noms de légende vont sortir de cette maison: Booker T. & the MGS, David Porter, Isaac Hayes, Wilson Pickett, Sam & Dave, des noms qui ne quitteront plus le top 10 des charts rhythm’n’blues…

Wilson Pickett & Jimi HendrixWilson Pickett et Jimi Hendrix

Au nord, en 1959, à Détroit (Northern soul), un autre label dirigé par le génial Berry Gordy décide de proposer une Soul plus lissée, mieux adaptée à la classe moyenne blanche qui cherche à se divertir avec de nouveaux courants, plus branchés… C’est la naissance de la célèbre Tamla Motown qui va exploser pas seulement les charts R’n’B, mais dans tous les charts, toutes catégories confondues, américains puis mondiaux. On peut citer les Temptations, Diana Ross, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Gladys Night, Smokey Robinson, Michael Jackson & the Jackson five… Pour ne citer qu’eux.

TemptationsThe Temptations

La ville de Détroit sera rebaptisée Hitsville (la ville des succès). Les seventies seront l’apogée de la Soul Music. Les émeutes se multiplient et la population noire revendique l’égalité. On assistera à une lutte pour l’égalité des droits. Pour calmer les esprits, le président Johnson fera appel à James Brown qui s’exprimera sur la TV américaine… Un autre label apportera une nouvelle fraîcheur avec un nouveau son qui prendra ses influences dans le jazz et le funk: « le Philly » (Philadelphia sound). Comme son nom l’indique, il nous vient de Philadelphie. Ce son est vraiment différent, la caisse est plus claire, les cuivres toujours présents, il y a aussi plus d’instruments à cordes comme les guitares et violons. Des artistes légendaires comme Billy Paul, Three degrees,Teddy Pentegrass, O’Jays vont inonder les charts et le monde entier. Désormais, la soul music n’est plus une musique noire américaine mais universelle… Encore aujourd’hui, les soirées Soul cartonnent à Paris, surtout les Motown Party au Djoon (club parisien). www.parisgotsoul.com/466

soulmusicvoicesQuelques voix de la Soul music

Je ne vous ai pas parlé de Curtis Mayfield (le King de Chicago), Esther Philips, Aretha Franklin, très peu de James Brown et tant d’autres qui valent à eux seuls un article… Je n’ai pas la prétention d’avoir résumé en ces quelques lignes l’histoire de la soul Music, le sujet est tellement vaste, mais peut-être vous ai-je donné l’envie de ressortir vos bons vieux vinyles. L’histoire de la soul continue avec Barry White, Whitney Houston, plus tard les Pasadenas, en France des groupes comme Native ou Boule noire s’y réfèrent… Aujourd’hui, des artistes comme Ben Oncle Soul, Raphaël, Saadik, John Legend, Alicia Key’s, Eryka Badu sont les enfants de la Soul.

Clin d’œil…

– James Brown disait au sujet de Prince & M. Jackson : « Je leur ai appris tout ce qu’ils savent, mais pas tout ce que je sais ! »
– Dans les sixties, Aretha Franklin chanta une bonne partie de la nuit au bord du lac de Montreux (pendant le festival) avant de se faire embarquer par la maréchaussée…

Pour aller plus loin… https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_soul

Par Guy Grao pour Folie Vintage

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