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Interview : Lady Flo de Neo Retro

2012 © Evestreet

Bonjour Lady Flo, tout d’abord merci pour cette Interview ! Peux-tu te présenter aux lecteurs qui pourraient ignorer qui tu es ? (Nooonnn!!!  Il y en a ???!!!)

Bonjour à toi Vanessa. « Folie Vintage » est un site qui me correspond bien puisque s’il y a bien un mot pour définir mon parcours c’est « Vintage » (et « Folie » peut-être aussi d’ailleurs…). Depuis toute petite je suis fascinée par la culture rétro ; les images, la musique, le spectacle, la fête, le cinéma, la mode bien sûr… et j’ai tout fait pour essayer de vivre de mes passions, la première étant de partager ces passions à vrai dire.
Aujourd’hui, je m’occupe de la direction artistique de Neo Retro, première agence franco-belge spécialiste du « Vintage Entertainment »c’est-à-dire que j’ai chaque jour l’opportunité de trouver des dates de représentations pour mes artistes préférés, ceux qui font revivre le spectacle et la fête des années 1920 aux années 1960. Ca sonne comme un rêve! C’est énormément de travail mais j’ai la chance d’être entourée d’une superbe équipe.

Chanteuse, mais aussi effeuilleuse burlesque ? Cela t’as permis de voyager, quel est ton parcours?

L’effeuillage, je laisse ça aux grandes artistes qui ont le talent merveilleux de faire renaître la grande tradition de l’érotisme vintage. Pour ma part, je chante oui, et surtout raconte des histoires, crée une atmosphère afin de mettre le public en conditions pour accueillir les artistes. Je les « tease » comme on dit. Dans le temps, c’était le rôle de la « meneuse de revue » et souvent on me définit comme ça. Quand on pense que les grandes meneuses de revues s’appelaient Mistinguett ou Joséphine Baker… je rougis mais suis fière de pouvoir donner une suite à cette histoire du cabaret.

Tu as une formation en histoire, n’est-ce pas ? Est-ce que c’est ce qui, en partie, t’a poussée à te lancer dans le Burlesque ?

Oui, je suis diplômée d’un Master de recherche en Histoire de l’Art à la Sorbonne. Je me suis spécialisée dans l’étude de l’image et des moeurs de la femme du spectacle entre la fin du XIXe siècle et les années 1960 après avoir découvert, par hasard, une collection invraisemblable de photographies jamais révélées dans les archives de la bibliothèque nationale de France. Je m’en souviendrai toute ma vie, ça a été un bouleversement et j’ai même quitté la Côte d’Azur pour ça! Ma passion était là depuis toujours, une véritable fascination pour les femmes d’avant… Mes grands-mères et bien sûr les grandes stars… le hasard de cette découverte a donc peut-être été la confirmation de ce vers quoi je devais me tourner?

Quelles définitions donnerais-tu au Burlesque et au néo burlesque ?

A l’heure actuelle et ce depuis les années 2000, le Burlesque, plus qu’un spectacle, est une véritable tendance européenne dont j’ai eu l’occasion de voir pas mal de scènes en y étant moi-même ou en assistant à des soirées dans le public.
« Burlesque » est lié à pin-up, érotisme chic, féminité perdue et retrouvée, encanaillement, champagne, danse à deux, nostalgie des traditions, s’habiller pour sortir… et touche donc un vaste panel d’intérêts actuels développant un véritable phénomène.
Quand au Burlesque en tant qu’art tel que je pourrais le concevoir aujourd’hui – soit un strip-tease chorégraphié qui met en valeur la Femme et la Féminité dans toute sa splendeur – a connu son âge d’or entre les années 1930 et 1960 aux Etats-Unis. Néanmoins, il peut également s’inspirer d’un érotisme vintage plus large: le cancan Belle Epoque, les maisons closes, le cabaret berlinois et le Cotton Club américain des années folles, les sixties libérées etc. Ce qui compte, à mon goût, c’est la mis en valeur de la femme, par les atours, le costume mais aussi et surtout la personnalité et la culture d’une féminité perdue et exacerbée, son mystère et son ironie. Le « tease », encore une fois.

Nous avons pu découvrir ton nouveau show inspiré de Carmen Miranda au Mas des Escaravatiers le 30 Juin. Peux-tu nous en dire plus sur les femmes qui t’ont inspirées comme Carmen ?

Carmen Miranda était une actrice brésilienne qui connut un succès à Hollywood dans les années 1940. Elle chantait, dansait, et, surtout, apparaissait toujours dans des costumes d’une extravagance rare. Immenses turbans de fleurs et fruits, froufrous multicolores, ventre nu, dizaines de bracelets et colliers, chaussures à plateformes démesurées… et tout cela dans une gaieté hors du commun. Je l’ai découverte grâce à mon ami artiste George Bangable et ai été fascinée.
Pendant un an, j’ai travaillé sur ce costume et le montage de la musique avec des professionnels. Maintenant, je dois trouver mes marques et rôder le personnages sur scène. C’est comme ça que je crée mes numéros, en live, et grâce au public.
L’un de mes autres personnages est une show-girl tout en rouge dans le style des divas des années 1950. On l’appelle Lady Gilda car lorsque je joue mon numéro dans ce costume je retire mon gant comme la belle Rita Hayworth. Mais le plus important reste la couleur rouge. J’ai entendu dire que la première meneuse de revue, Jane Avril, avait imposé cette couleur pour présenter ses spectacles.
L’un de mes autres personnages, Lady Diamond, est un hommage à la Belle Otero, célèbre courtisane de la Belle Epoque, qui avait fait scandale au Casino de Monte-Carlo nue et couverte des bijoux de ses amants. Je m’arrêterai là car j’ai déjà créé une quarantaine de personnages!

Depuis le temps que tu fais du Burlesque quels sont tes meilleurs et pires souvenirs?

Mon meilleur souvenir c’est lorsque ma maman et ma grand-mère sont venues de Nice et de Corse à Paris pour me voir chanter avec l’un de mes premiers groupes à Paris. C’est un groupe de rock’n’roll et ce soir-là, nous interprétions un set dédié à Elvis Presley. J’avais créé à cette occasion le costume de Lady Elvis, la pin-up Elvis ahahah.
C’est ce soir-là que toutes deux m’ont raconté qu’elles étaient au fan-club Elvis quand elles étaient jeunes. Et je ne le savais pas! J’ai vu dans leurs yeux à quel point elles étaient fière de moi et ça m’a fait chaud au cœur. Je n’ai aucun mauvais souvenir, c’est merveilleux de voir les gens avoir des émotions en vous regardant. Alors le reste n’a pas d’importance.

Tu as beaucoup voyagé, quel est ton avis sur la scène Française?

Pour moi, il y a une scène parisienne et quelques villes de France qui accueillent des groupes d’artistes.
J’ai quitté Paris après avoir organisé des soirées burlesque pendant deux ans. Ca a été une expérience formidable. J’ai appris beaucoup, créé énormément et ai découvert des talents merveilleux. Ca a été une véritable formation en fait. Ensuite, il fallait prendre la décision de se professionnaliser, ce que j’ai du faire.
Aujourd’hui, nous continuons de promouvoir et de placer des artistes lors des Apéros Burlesque à la Machine du Moulin Rouge avec la petite famille créée depuis 2008. C’est un peu notre showcase à Paris en attendant de trouver une belle opportunité pour y lancer l’un de nos concepts. A côté de cela, nous intervenons ponctuellement sur des événements. En Province, nous sommes fiers d’avoir un agenda régulier à Strasbourg et sur la Côte d’Azur avec « Follie Follies » notre soirée burlesque. Nous venons également de jouer au festival Rock’n’Tours et au Mans Classic devant près de 100 000 personnes au total ce weekend!
Concernant les artistes, nous travaillons régulièrement avec quelques talents parisiens et je commence tout doucement à apercevoir de belles personnalités qui vont bientôt vous surprendre en province…

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait un jour se lancer dans le Burlesque?

Surtout n’imite personne, mais inspire toi des beautés du passé tout en conservant ta propre personnalité. Exagère-la et surprends ton public grâce à tes atouts. Sois sublime et sois en fière. Soigne ton allure jusqu’au bout des ongles. Amuse-toi surtout. Et joue de la qualité d’être Femme.

Comment faire partie de la troupe Neo Retro ?

Neo Retro n’est pas une troupe mais une agence qui propose différents concepts de soirées. Modern Times pour les Années Folles, la prohibition et la charleston. Radio Modern pour le bal populaire façon années 50. Radio Ultra Modern pour l’electroswing. Radio-A-Gogo pour les Sixties. Follie Follies pour le Burlesque. Café Crooner pour les chanteurs de charmes. Pour chacun de ces concepts, nous cherchons des artistes et animateurs qui correspondent à notre image et à notre état d’esprit. Il faut être passionné, avoir le style, avoir un talent et maîtriser l’interaction avec le public.
Nos artistes sont répertoriés par zone géographique ou sous une rubrique internationales dans le cas de nos *stars* et nous leur proposons des dates régulièrement. Si certains correspondent ces critères ils peuvent me contacter par mail à flo@neoretroagency.com. Je donne aussi des conseils avec plaisir.

As-tu des projets à venir, avec ou sans Neo Retro ?

Ma tête est pleine de projets. Heureusement, j’écris tout pour moi, et n’en parle pas avant que les choses soient concrètes. Sinon où est l’effet de surprise?

Quels sont tes artistes préféré(e)s ?

Mes artistes préférés sont ceux qui me donnent des émotions fortes. Ils sont uniques. Ce sont aussi des amis très chers. Ils se reconnaîtront.

Que penses-tu du site Folie Vintage, site tout récent ?

Enfin un site internet français dédié à la culture vintage actuelle! Et en plus créé par une beauté de la French Riviera ? Que dire de plus ? Merci.

Pour la fin, as-tu un message en particulier à faire passer ?

Si vous souhaitez suivre notre actualité, nos événements et nos stages, notre site est désormais en ligne www.neoretroagency.com et n’hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter sur la page d’accueil. Et tous ensemble « Amusons-nous Retro » :-)

2012 © Ewa Cieszkowska

2010 © Enrico Ricciardi

Pour en savoir plus : www.neoretroagency.com

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