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Fais-moi Cygne : Bambi Freckles’s !

Voici une interview exclusive, toute en plumes et paillettes, dirigée par Krystie Red Sugar (So Nice Pin-up). Voici une artiste œuvrant pour un art peu connu en France, dont vous avez déjà entendu parler, un art ultra glamour, mêlant les codes du rétro, de la danse de cabaret et de la comédie : l’effeuillage burlesque…

Qui de mieux qu’une talentueuse artiste Cannoise qui se produit sur les scènes de la région pour vous parler de cet art,  Bambi Freckles’s ! Il y a quelques jours, Krystie pénétrait dans l’univers rétro de la délicieuse Bambi Freckles’s, un véritable rayon de soleil, une jolie frimousse au sourire espiègle qui illumina une journée pluvieuse de mars…

Passionnée par l’esthétisme et la mode rétro, de la Belle Époque aux années 60, son credo va aux années folles. Il faut dire que Bambi a tout des flappers girls de l’époque : une jeune femme libérée qui n’a pas sa langue dans sa poche, les cheveux au carré flamboyants, le regard enjôleur, une silhouette fine, féminine et androgyne à la fois, toujours vêtue d’une robe style années 20 en toute saison… Vous avez bien compris que notre pin-up vit retro-vintage au quotidien…

Artiste dans l’âme, elle déborde d’imagination que ce soit dans l’élaboration de ses shows d’effeuillage burlesque qui se veulent glamour et délicats, que dans ses créations d’accessoires de mode rétro : bibis, cache tétons, cache-cols en fausse fourrure, tabliers rétro…, car notre show-girl a aussi des doigts de fée ! Modèle pin-up, défilés et photos, son image poétique est révélatrice de sa personnalité romantique, drôle et canaille.

Bambi Freckles's

Photo par Benjamin Maxant

Bambi Freckles’s, peux-tu nous dire pourquoi as-tu choisi ce nom d’artiste et qu’est-ce qu’il veut dire ?

Bambi est un petit nom que l’on me donnait déjà lorsque j’étais plus jeune : il fait, bien entendu, référence à ce personnage de dessin animé, ce faon roux, aux longues et fines jambes, avec ses grands yeux curieux et ses longs cils. « Freckles » signifie « taches de rousseur » en anglais : du fait qu’une tache de rousseur peut se situer sur une partie délicate d’un corps, les pommettes, mais aussi sur la cuisse, c’est donc pour le côté plus coquin !

À quel moment de ta vie as-tu commencé à t’intéresser au rétro (mode, art de vivre) et quels ont été tes déclics ?

Mon goût pour le rétro est venu petit à petit. Je n’ai jamais apprécié la mode actuelle, déjà adolescente je me démarquais de mes camarades par un style vestimentaire différent. J’ai d’abord découvert le burlesque, avant la mode vintage, grâce à la plus célèbre effeuilleuse de notre ère : Dita Von Teese. Son style, son maquillage, son attitude, toutes ces choses-là m’ont attirée. Chaque jour je porte des talons et une robe, jamais de pantalon et je n’en possède d’ailleurs pas, je ne sors pas sans être un minimum maquillée et correctement coiffée. Ce n’est pas être superficielle, c’est simplement mettre ses atouts en valeur et faire en sorte que les gens que l’on croise nous voient sous notre meilleur jour.

Photo par Doctibphoto.coM

Pourrais-tu nous éclairer et expliquer en quelques mots de quoi il s’agit (origine, quels sont les différents mouvements actuels) et quelle est la différence avec le strip-tease de base ? Quel est ton style propre dans le burlesque ?

L’effeuillage burlesque, même s’il consiste à enlever ses vêtements, n’est en aucun cas du strip-tease comme on en fait actuellement dans certains clubs. Nous parlons-là de l’Art d’enlever sa tenue de la manière la plus élégante qui soit. C’est l’effeuilleuse qui mène le show, elle est là pour en mettre plein la vue. Ses tenues sont riches et très habillées : fourrures, chapeaux, gants longs, robes du soir, bas, porte-jarretelle, lingerie fine : plus il y en a à retirer mieux c’est ! D’ailleurs, jusque dans les années 60, le strip-tease se limitait à ça : ne jamais finir nue ! À l’heure actuelle, il y a deux grands styles de burlesque. Le New-burlesque, qui nous vient des États-Unis et qui est apparu après les années 50 : les effeuilleuses sont des pin-up souvent pulpeuses mêlant l’Art de l’effeuillage et de l’humour. Le New-burlesque a beaucoup évolué depuis les années 90, les situations y sont cocasses, parfois choquantes, mais toujours féminines et sensuelles. Plus ancien, c’est le burlesque dit « classique ». Celui des grands cabarets parisiens : chic, élégant et pudique, c’est celui que je pratique.

Lilou Photo

Est-ce que d’après toi l’effeuillage burlesque rime avec humour et glamour ?

Bien sûr ! Quoi de pire que ces danseuses qui ne sourient pas et se prennent trop au sérieux ! Même si je pratique le burlesque-classique j’aime jouer avec le public et le « teaser » comme on dit dans notre jargon !  Il faut en être à la fois très proche, en lui glissant quelques clins d’œil, en minaudant, en rigolant, et en même temps être une « diva » très glamour. La femme fatale qui sait faire des blagues en quelque sorte !

Y a-t-il des silhouettes types dans le burlesque, comme dans la danse, ou bien toutes les morphologies ont leur place ?

Dans le burlesque il y a surtout des femmes passionnées qui cultivent cet Art. Peut-importe leurs morphologies, le principal est de s’assumer et de trouver son style personnel.

Comment as-tu démarré dans ce métier et pourquoi ?

J’ai commencé la danse classique vers 5 ans, puis le modern-jazz à l’adolescence. À 10 ou 12 ans, je rêvais déjà devant les danseuses du « Crazy Horse ». J’ai assisté à un spectacle burlesque au Casino de Paris il y a 3 ans et ce fut une révélation ! Dans cet objectif, j’ai ensuite suivi des cours de danse cabaret et surtout d’effeuillage burlesque. On ne s’improvise pas performeuse-burlesque simplement en ayant quelques vidéos sur internet, cela s’apprend !

Photo par Emmanuel Louarn

Qu’est-ce qui te plait dans l’effeuillage ?

C’est toujours euphorisant d’être sur scène, pour n’importe quelle danseuse, et encore plus en solo. Effectivement, c’est toujours très agréable et flatteur d’être LE centre d’attraction, mais cela ne dure que quelques minutes : il faut le savourer

Qui est ton idole du genre ?

J’ai plusieurs références. Louise Books la première, c’est une actrice du cinéma muet qui a rendu la coiffure au carré tendance, la garçonne par excellence. Joséphine Baker, Mistinguett, la Belle Otéro, ces grands noms du cabaret d’antan. Il y a aussi quelques artistes actuelles que j’ai eu la chance de rencontrer et qui ont été de très bons conseils : Lady Flo de Neo Retro Agency, Cherry Lyly Darling, Lada Redstar… J’en oublie…

Quelles sont tes sources d’inspiration pour élaborer une performance ? Où trouves-tu tes idées ? Comment choisis-tu la musique ? Ensuite comment imagines-tu les costumes ? Tu les fabriques toi-même, j’imagine ?

L’inspiration vient souvent en s’intéressant à un sujet : les années-folles sont ma période de prédilection, mais je m’intéresse aussi beaucoup aux pin-up, à la belle époque et au mouvement steampunk qui naît depuis quelques années. Je trouve d’abord l’idée du numéro, j’imagine comment il va se dérouler, quel sera son thème. Cela vient toujours spontanément, comme une petite ampoule qui s’allume dans un coin de ma tête. Ensuite je cherche la musique qui sera le mieux adaptée. Les costumes que je porte sur scène sont en grande partie réalisés par mes soins : c’est la meilleure façon de s’adapter à un numéro puisque j’ai déjà une idée précise de sa couleur, de sa forme et de la façon de l’enlever. Parfois je customise simplement, et il arrive que je trouve la pièce parfaite sans avoir à y retoucher, mais c’est plus rare. Il faut qu’un costume se voie jusqu’au fond de la salle lorsque je suis sur scène. Il faut des paillettes, du Swarovsky, des strass pleins de couleurs.

Puisque nous parlons de strass, de paillettes et de plumes, pourrais-tu me parler de l’une de tes prestations, la plus époustouflante d’après moi, « Fais-moi cygne » ? Costume, musique, mise en scène…

« Fais-moi cygne » a été mon premier numéro, mais il a beaucoup évolué et j’ai d’ailleurs toujours envie qu’il soit plus « wahou ». C’est le numéro que l’on me demande le plus. J’y porte une longue robe blanche des années 30, entièrement perlée, une fourrure blanche, des chaussures et de la lingerie perlées par mes soins. J’y fais voler les plumes et pas mal de paillettes. Le numéro est en deux parties : d’abord un effeuillage classique très 30’s puis une fan-dance, ou danse d’éventails. Il s’agit d’une performance avec de grands éventails en plumes d’autruche derrière lesquels je me cache et me dévoile lors du numéro.

Y a-t-il une de tes prestations mémorables que tu préfères plus particulièrement, dans laquelle tu te sens au top du glamour ? Pour la petite anecdote, parfois dans certains de leurs shows, les artistes rencontrent quelques petits soucis techniques, comme perdre un cache tétons sur scène, t’est-il arrivé ce genre de mésaventure ? Comment l’as-tu géré ?

Lors de la première de mon tout dernier numéro, oui. J’arrive habillée en homme des années 20, donc chapeau melon, chemise, et pantalon à bretelles. Le souci a tenu dans ces fameuses bretelles… Dans le feu de l’action j’ai simplement oublié de les enlever, et lorsque j’ai voulu « arracher » mon pantalon, pour dévoiler mes élégants porte-chaussettes, celui-ci est revenu quasiment à sa place à cause de l’élasticité des bretelles. RI-DI-CULE… Mais heureusement pour moi, ce numéro est basé sur le mimétisme clownesque de Charlie Chaplin, j’ai donc fait comme-ci cela faisait entièrement parti du numéro en prenant un air agacé, mais sur le ton de l’humour. Je me demande même si je ne vais pas le garder ce gag…

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Quelles sont tes prochaines dates, sur quelle scène nos lectrices vont-elles pouvoir venir t’applaudir ? que vas-tu nous proposer ?

Pour le moment tenu secret, je n’aime pas annoncer des évènements avant les organisateurs eux-mêmes, c’est mon petit côté superstitieuse. Mais je les annonce dès que possible sur ma page Facebook.

Je sais aussi pour y avoir participé que tu organises aussi des ateliers de customisation d’accessoires de mode rétro, explique à nos lectrices en quoi ça consiste ? Y a-t-il une date prévue pour le prochain workshop ?

Trouver une paire de caches-tétons qui nous correspond, le bibi ou le headband idéal pour aller avec sa tenue n’est jamais évident. Il m’arrive donc de proposer des ateliers de créations pour partager mes connaissances.

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En tant que modèle photo, tu as participé notamment à l’élaboration d’un calendrier Pin-ups & Custom 2013 dans la veine des 50’s, quel mois représentes-tu ? Comment tu te trouves dessus ? Tu as aussi posé pour de nombreux photographes, quel est ton meilleur souvenir et quelle est ta photo préférée ?

Dans le calendrier Pin-ups & Custom de 2013, je suis le mois de juillet. En pin-up militaire pour symboliser la fête nationale. J’aime beaucoup cette idée d’être « pin-up de calendrier », c’est quand même la grande classe, non ? En plus, je suis vraiment pas mal dessus (rire). La photographe préférée pour laquelle j’ai posé, plusieurs fois, et avec qui j’ai d’autres projets est Lilou. Une véritable artiste de la région, puisqu’elle est à Carros. Ses shootings sont toujours un plaisir, on rigole non-stop et elle finit toujours par partir dans des délires inimaginables. C’est à cause d’elle que j’ai fini ligotée sur des rails, crucifiée dans un wagon, trempée sous en cascade au mois de décembre… Mais c’est toujours pour le meilleur des résultats.

Photo par Lilou

Quels sont tes projets de carrière pour l’avenir que ce soit dans le burlesque ou comme modèle photo ? Quel serait ton rêve, même le plus fou ?

Je reçois des propositions de photographes qui ne correspondent pas mon style, et parfois je rigole bien devant certains mails proposant du « nu académique » plutôt vulgaire… Je sélectionne les offres, il n’y a aucun intérêt à faire 30 shootings dans l’année si la qualité ne suit pas. Pareil pour le burlesque, je veux faire du grand spectacle, des shows à se damner, bref épater mon public. Je rêve de grandes scènes milanaises, bruxelloises et parisiennes… Pour le moment je me concentre déjà sur la Côte d’Azur où le public commence à me connaître et où les propositions d’évènements me permettent de commencer à jouer ma casse-pied et à être exigeante afin de proposer un travail de qualité. Après tout, les rêves sont faits pour être vécus, non ?

Pour  « faire cygne » à Bambi Freckles’s et suivre son actualité, retrouvez-la sur Facebook :
https://www.facebook.com/BambiFreckles et ici http://www.bambi-freckles.book.fr/

Mesdames et mesdemoiselles, vous avez dû certainement être titillées par cet article tout en féminité, tout en plumes et paillettes, et peut-être cela a-t-il provoqué en vous l’envie de tenter l’aventure de l’effeuillage burlesque… Sachez que des cours sont donnés régulièrement sur Nice avec des effeuilleuses de renom de la scène burlesque française. Sachez aussi que Krystie Red Sugar anime des ateliers d’initiation à l’effeuillage burlesque, lors d’enterrements de vie de jeune fille ! Rejoignez-la sur sa page Facebook pour être au courant des prochains événements :
https://www.facebook.com/pages/SO-NICE-PIN-UP/178254578916292 ou sur son site www.soncepinup.com

par Krystie Red Sugar
www.sonicepinup.com

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