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Alex Haircuts

Alex Haircut’s Barber Shop Paris

Alex Haircut’s Barber Shop est un de ces salons dédiés aux hommes comme on pouvait en trouver dans les années 30-50. Alex, authentique barbier, officie au quotidien au 21 rue Rodier à Paris (9e), quand il ne se trouve pas sur des événements rétro. Laissez-nous vous présenter ce passionné des fifties qui manie le coupe choux et la tondeuse comme Indiana Jones manie son lasso… Juste parfaitement bien ! Et le résultat s’en fait ressentir, puisque Alex présente un planning chargé, sollicité par les plus fins connaisseurs, les business men, comme les newbies ! Du style pompadour à la banane en passant par une taille de barbe ou un rasage dans les règles de l’art, Alex Haircut’s Barber Shop est devenu une référence parisienne incontournable.

Bonjour Alex ! Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je suis coiffeur depuis 1987. Mon apprentissage a démarré quand j’avais 17 ans et çà a duré 2 ans, c’était dans la Mayenne. J’ai pu apprendre les différentes techniques de coupes des plus classiques aux plus rétro, à manier un rasoir. J’ai connu la fin des tondeuses à main, avant que les tondeuses électriques ne fassent leur apparition sur le marché. Ensuite, j’ai été ouvrier, toujours dans la Mayenne, puis j’ai ouvert mon premier salon de coiffure en 1995 à Perpignan. S’en est suivi une deuxième ouverture de salon, où je proposais toujours des services de coiffure classique. Je dirais qu’il le fallait, pour « vivre », mais en parallèle je nourrissais une passion pour l’univers rétro de plus en plus grande. A l’époque, mon projet naissait tranquillement dans sa tête mais je ne pouvais pas le mettre en pratique. J’ai donc été salarié pendant 5 ans, cette passion prenant de plus en plus le pas sur ma vie de tous les jours. Vers l’âge de 40 ans, je suis retourné à Paris avec mon projet de barber shop, mais cela a pris un peu de temps, car à vrai dire, je ne m’attendais pas à avoir autant de difficulté ! Les prix étaient assez conséquents selon les arrondissements, donc j’ai attendu un peu avant de trouver le bon local ! Donc, voilà, la concrétisation d’années de travail et de tous mes projets rêvés a enfin eu lieu ! A ce jour, çà fait 1 an que j’ai ouvert le salon. Je travaille seul, je n’ai pas d’apprenti. Mais j’y pense sérieusement, un ou une d’ailleurs ! C’est difficile de trouver la bonne personne. Il faudra qu’il ou elle me supporte (rires), mais surtout l’ambiance peut paraître bizarre pour quelqu’un qui n’est pas du milieu. Je passe beaucoup de rock’n’roll ou du rockabilly, je déteste la radio et je n’ai pas internet ! Je pense que seule une personne « du milieu » pourrait convenir, il faut voir… Chez moi, il y a une pure ambiance old school comme on peut la trouver chez  Hawleywood’s aux USA (les pommades Layrite) ou Schorem à Rotterdam.

Un peu d’histoire : le métier çà date pas d’hier ! Que veut dire le poteau bleu-blanc-rouge affiché à l’extérieur des salons ?

Autrefois, les clients faisaient également appel aux barbiers pour arracher les dents, ce qui explique que les fauteuils des échoppes ressemblent encore souvent à ceux des dentistes !  Le barbier était un polyvalent : coiffeur, dentiste, bandagiste, pédicure. Il maniait le scalpel comme on manie le rasoir. Après qu’on ait découvert les microbes et l’importance de la stérilisation des instruments et de l’hygiène, les barbiers ont délaissé la chirurgie, faute de volontaires probablement… La profession de coiffeur n’est apparue qu’au XVIIe siècle, et je dirai que les salons de barbiers ont commencé à se rependre au début du 20e siècle. On mettait les serviettes blanches ensanglantées dehors pour que les femmes les fassent bouillir. Le bleu a été ajouté par la suite pour symboliser le métier et le côté aseptisant ! Il y a une autre version qui dit que la base de métal symbolisait une bassine et le poteau comme tel une jambe ensanglantée enrubannée avec un pansement. Aujourd’hui, on laisse les jambes tranquilles, on se contente de couper les oreilles de temps en temps… (rires)

Parle-nous de ta clientèle… Quelles sont les coiffures incontournables ?

Chez moi, çà sent l’homme, c’est viril ! Je travaille à l’ancienne, dans un mélange années 30 à 50, donc ma clientèle est composée de passionnés, mais j’ai également des hommes et des jeunes hommes qui ne sont pas du tout issus du milieu. Ma clientèle se renouvelle tous les jours. C’est difficile car j’ai beaucoup de monde, mes journées sont trop courtes ! Un rendez-vous prend en moyenne 45 minutes, car j’essaie de faire un travail de qualité. Donc parmi mes clients, çà va du barbu, aux graisseux en passant par les costards-attaché cases. C’est super large ! Un graisseux va adopter un look totalement 50’s, gomina oblige, d’où ce nom ! Une des coupes les plus fréquentes, c’est le style pompadour graissé à la Elvis. Les cheveux sont courts au niveau des oreilles (pour 95% des cas) et il y a toujours un minimum de longueur dessus. Alors pour que çà tienne, on graisse ! Sinon, je peux citer la célèbre banane, avec beaucoup plus de longueur devant. C’est une coupe « en trompe d’éléphant » à la Teddy boys des années 80, comme les Stray Cats quoi !

Comment se passe un rendez-vous chez Alex Haircut’s ?

J’accueille mon client autour d’un café et nous discutons de ses souhaits (d’où les 45 minutes !!!). Je me base sur le look du client avant d’envisager une coupe, et lorsqu’il est indécis, ce qui arrive souvent, je lui fais des propositions. Parfois, çà va plus loin. On parle musique, je conseille des disques, j’essaie d’insuffler le désir de se looker, je refile des tuyaux… Si j’en coiffe 10 et qu’un reste dans le milieu, c’est bien !

En général, au premier rendez-vous, les clients demandent une coupe, et au rendez-vous d’après, on taille la barbe au coupe-choux en plus, puis ils alternent. Dans ma boutique, j’ai un vieux poster qui dit : « Venez rendre visite à votre barbier tous les 10 jours ». Parmi mes clients qui respectent les codes de l’époque, il y en a qui viennent tous les 15 jours pour les tours d’oreilles par exemple.

Quels soins particuliers recommandes-tu pour le rasage ?

Du rasage de la barbe qui doit être le plus agréable possible à la serviette chaude en touche finale, je veux que mes clients se sentent relaxés. J’utilise aussi des huiles essentielles, un peigne, un blaireau bien sûr, un coupe-choux à l’ancienne et pour mes coupes, une tondeuse électrique. Un dicton du milieu dit : « Une barbe bien préparée est à moitié rasée ! ». J’utilise un peigne fin pour la préparation et pour ceux qui souhaitent s’essayer au coupe-choux, je recommande toujours une pierre hémostatique d’alun pour désinfecter en cas de coupure ! Car rares sont les fois où il n’y en a pas !

Je bosse avec la gamme American Crew, des précurseurs depuis les années 80 avec toute une gamme pour hommes. Mais je songe à renouveler mes produits et à utiliser des produits à l’ancienne, de quoi accentuer l’effet Old School de mon travail ! Je n’ai pas le temps de les fabriquer moi-même, alors je fais appel à Mr Von Tiki. Ancien prothésiste dentaire, il a aussi fait de la restauration de coupe-choux, et aujourd’hui il ne se consacre qu’à la fabrication de produits 100% naturels. Je vais aussi proposer sa gamme à la revente dans ma boutique prochainement.

Que penses-tu du phénomène de mode actuel pour la tendance rétro ?

Ce n’est pas sans me desservir, je l’avoue. Je trouve les gens plus zen ! Il y a comme une insouciance dans l’air et çà me plaît, surtout quand ce sont des mômes ! Je pense que le mouvement restera. De nos jours, on trouve des fringues de qualité, on a largement de quoi se looker et trouver son créneau. Les coupes de cheveux associées au style des années 30-50 requièrent de la minutie et un travail qu’on ne retrouve plus ailleurs (par exemple, le simple fait de faire un tour d’oreilles avec un rasoir à l’ancienne). Au-delà de çà, j’aime donner des conseils aux clients quand ce ne sont pas de longues barbes… une longue barbe demande moins d’entretien !

Tu es présent sur beaucoup d’événements…

Je participe à beaucoup de salons en effet, mais j’ai prévu d’en faire moins en 2013 car cela demande beaucoup de travail. Il faut amener un fauteuil, et j’applique un soin particulier aux détails, au décor. Donc j’ai prévu de faire des événements une fois par mois environ. Je serai à Tournay (Belgique) en avril 2013, puis principalement en France : en janvier au Paris, en mai à Bourges, en juin au Cry Baby avec The Gormandizers, en août au Béthune Rétro, en septembre à Parmain… et j’en passe !

Peux-tu nous parler des barber shops en France et de la perpétuation du métier…

Au dernier recensement il y a quelques années, on était 16 à raser dont 7 sur Paris. Il faut savoir que pour se revendiquer barber shop, le rasage est obligatoire. Malgré cela, on voit de nos jours pléthore de salons de coiffure pour hommes dont l’appellation barber shop, trop à la mode, est utilisée à outrance. Cà me gave un peu ! Il y en a qui sont barbiers comme moi je peux couper un bifteck ! Il n’y a plus de formation de barbiers depuis 20 ans !

Depuis que j’ai ouvert la boutique, en un an, j’ai formé plusieurs personnes gratuitement, histoire de transmettre mon savoir et faire perdurer le métier. C’est aussi un métier de femmes, j’ai formé une jeune fille qui se débrouillait d’ailleurs très bien ! Les gestes ne sont pas pareils. A ma grande stupéfaction, c’est super agréable. Lorsqu’elle s’est essayée sur moi, ce n’était pas le rasage en lui-même mais l’à-côté. L’aspect rasage manquait de virilité, car il faut bien tendre la peau, mais au niveau de la partie soin et des finitions, c’était top ! Si j’avais un ou une apprenti(e), je pense que je lui attribuerai cette partie.

Tes meilleurs souvenirs Alex ? D’ailleurs, pourquoi Alex… Je crois savoir que ce n’est pas ton prénom… !

Ah bon ? Mais comment connais-tu mon prénom ? (rires). Un de mes meilleurs souvenirs, c’est mon apprentissage, car sans mon maître d’apprentissage qui m’a tout appris, j’aurais plus galéré ! Et bien sûr, l’ouverture du magasin !
Et pourquoi je me suis fait appeler Alex ? Eh bien, quand je suis arrivé sur Paris, j’étais confiant pour trouver un magasin, mais je me suis rendu compte que mon budget n’était pas élevé donc j’étais obligé d’aller bosser ! J’ai trouvé un emploi dans un salon – où je suis aujourd’hui consultant en tant que formateur pour la coiffure masculine, parallèlement à mon activité. C’est l’Académie Franck de Roche. Par contre, là, je m’adresse à des coiffeurs en stage de perfectionnement pour des coiffures dite « classiques ». Pour l’histoire, il y avait déjà un Christophe et ils m’ont proposé de trouver un autre prénom. J’ai réfléchi et j’ai choisi Alex, en référence à mon meilleur pote à l’époque qui s’appelait Alexandre et aussi à Alexandre de Paris, un coiffeur de renom.

L’interview touche à sa fin. On remercie énormément Alex d’avoir accepté de nous répondre et on souligne au passage son extrême gentillesse et sa patience pour le temps passé !

Pour en savoir plus sur Alex Haircut’s Barber Shop, n’hésitez pas à consulter sa page Facebook ou à le contacter directement. Il a beau faire preuve d’une dextérité sans pareille avec son coupe-choux, on vous l’assure, c’est promis, il est doux comme un agneau !

http://www.folievintage.fr/img/hand.pngAlex Haircut’s Barber Shop
21 rue Rodier 75009 Paris, Tel : +33 6 31 86 84 69

haircutsandgrease@hotmail.fr
https://www.facebook.com/pages/Alex-Haircuts-BarberShop/189879831103729

http://www.folievintage.fr/img/hand.pngQuelques tarifs….
Shampooing + lotion + coupe + coiffage : 23 euros
Coupe + coiffage : 20 euros
Comptez 30 à 45 mn pour la coupe, sans la discute et le café quand vous arrivez !
Taille de barbe : 15 euros
Rasage : 19 euros

Crédit photos : MisterAtomic

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