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Le Rockabilly (Part.1)

Le Rockabilly, début d’une jeunesse rebelle

Si vous êtes sur Folie Vintage, c’est que vous êtes attiré par le rétro. Alors vous avez très certainement entendu parler de la musique Rockabilly, musique phare des années 60, véritable phénomène chez une jeunesse en manque d’idéaux.
Cet article en deux parties est là pour vous en dire un peu plus sur cette culture musicale, de ses débuts à son déclin, et sa renaissance de nos jours.
Alors, messieurs sortez votre gomina, mesdames mettez vos plus belles robes, et c’est parti pour un voyage très rock’n’roll !

Le rockabilly, c’est quoi ?

Pour faire simple, le rockabilly est un style musical inspiré des débuts du rock’n’roll des années 50, ainsi que d’un savant mélange de blues et de hillbilly. La musique hillbilly est une manière de qualifier la musique campagnarde traditionnelle américaine. C’est pourquoi le rockabilly se nomme ainsi : c’est un mot-valise entre rock’n’roll et hillbilly. Mais maintenant, parlons concrètement de Rockabilly…

Bill Haley & his comets

Bill Haley & his comets

Le Rockabilly, naissance d’une culture à contre-courant

Le rockabilly sudiste qui s’est imposé au plein cœur des années 50 n’est pas le fruit d’une génération spontanée. Il est la stricte continuité de la longue évolution du western swing, du honky-tonk, et de la country boogie (cela fera l’objet d’un prochain article, ne vous inquiétez pas.) Chacun sait aujourd’hui que l’on retrouve le terme rock’n’roll dans les chansons de race music, les musiques noires pour les noirs, renommées Rhythm’n’blues dans un pur souci commercial. Dedans s’y trouve des métaphores sexuelles plus ou moins bien déguisées, ainsi qu’une façon de chanter syncopée, faisant penser à un essoufflement durant l’ébat. Tout cela est un langage codifié, pour échapper à la censure blanche. Un acte de rébellion déguisé et sourd où les contre-sens, les transformations et l’argo colorent la langue de la «colored people», la rendant incompréhensible, du moins irrépréhensible.

Le rockabilly, c’est le rock du jeune plouc de la campagne, du petit blanc-bec d’après-guerre qui adopte une attitude similaire à celle des noirs pour échapper à son tour à l’emprise de sa société sudiste ségrégationniste ultra rigide et conservatrice. Inutile de vous préciser que celle-ci ne tendait pas le flanc à la critique et que toute personne, couleur et sexe confondus qui exprimait une opinion contraire à la norme, prenait le risque d’être mis à l’écart, au pire lynché !

Big Joe Turner

Big Joe Turner

A la toute fin des années 40, une certaine partie de la jeunesse sudiste blanche étouffe littéralement dans ce contexte moral et social statufié. Se rapprocher et fréquenter les noirs, leur musique, c’est jouer avec le feu, passer la chaleur de leurs flammes sous ses doigts. Les jeunes protagonistes du rockabilly jouent d’ores et déjà de la country-boogie et écoutent plus que jamais du blues électrique, ce rhythm’n’blues diffusé par les radios de noirs. Ils fréquentent même à la nuit tombée les clubs des quartiers noirs et en extraient l’essentiel pour créer leur propre style musical et leur danse.

Seulement, on se s’amuse plus à imiter le jeune musicien noir, on ne s’embarrasse plus du maquillage comique «black face». Non, on assume de le copier complètement, avec exactitude. Ce phénomène soulève immédiatement l’hostilité des ligues conservatrices bien pensantes, militants de la suprématie blanche qui s’indignent de ces blancs qui agissent sur scène comme des noirs.
Le scandale du rockabilly réside dans son ambivalence noir-blanc, mais s’il touche d’abord la jeunesse des petits blancs du sud, il fait contre toute attente écho chez la jeunesse nordiste, car il s’agit avant tout de la révolte d’une classe d’âge.

Hank Williams

Hank Williams

Le concept de «l’adolescent» est né dans cette période d’après-guerre en Amérique, dans une société de consommation en plein essor. Celle-ci ne va pas tarder à voir dans cet adolescent innocent et manipulable un consommateur de premier choix.

Le rockabilly libère un cri sauvage, un message apparemment innocent et creux, qui s’approprie les codes et le mode de critique sociale des musiques noires, ceux-là même qui n’ont pas d’autres revendications que «Freedom now !». Il s’est donc levé avec le rockabilly un vent de rébellion rafraîchissant, qui souffle dans le bon sens…

Mais qui sont les stars de cette musique ? Pourquoi le rockabilly a-t-il décliné au fil des années, pour réapparaître ensuite ?

Autant de questions auxquelles je répondrai dans le prochain article «Rockabilly : Apogée, mort, renaissance».

Webb Pierce

Webb Pierce

Donovann pour Folie Vintage

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