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Les vacances, 4ème partie

 

1968 : Aux Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble, Jean-Claude Killy remporte la médaille d’or de descente.

Le ski est à l’honneur pour ce nouvel et dernier article. Il fait partie de ces nouveaux loisirs proposés aux vacanciers.
Pour préparer les jeux et développer le tourisme, l’État encourage les sports d’hiver. Un vaste plan neige prévoit la construction d’une dizaine de stations : la Plagne, les Ménuires, la Clusaz, Tigne, ect. Tous ces villages d’hiver datent des années 1960 !

Vidéo d’archives : 1974 . L’architecture des stations de sports d’hiver

En 1936, on partait déjà à la montagne avec de grands skis en bois. Mais il y avait très peu de remonte-pente. C’était un sport difficile, réservé à une élite. Dans les années 1960, le ski se démocratise. D’autant qu’en 1969, une quatrième semaine de congés payés est instaurée par le président Georges Pompidou. Ce qui permet de prendre plus facilement quelques semaines de vacances supplémentaires. Le matériel s’améliore et le nombre de skieurs augmente de 15 % par an. Parmi les nouvelles stations crées de toute pièce, une fait beaucoup parler d’elle. Elle se trouve à trois kilomètres de Morzine, en Haute-Savoie.

Vidéo d’archives : Avoriaz, reportage du 22 novembre 1967

A 1800 m d’altitude, sur un terrain vierge, on construit un village avant-gardiste, entièrement dédié aux sports d’hiver, relié au reste du monde par un téléphérique, du nom d’Avoriaz. Les bâtiments n’ont rien à voir avec des chalets traditionnels. Ce sont des immeubles futuristes, modernes, qui se veulent en harmonie avec la montagne. Avoriaz a été imaginé par le champion olympique Jean Duharnet qui veut en faire un lieu dédié aux skieurs. L’innovation la plus spectaculaire est l’absence totale de route. La station est traversée par des pistes de ski. Ne pas avoir de voiture, c’était le rêve ! On pouvait descendre de son appartement à ski, ce qui est énorme par rapport aux autres stations. Les promoteurs ont tout prévu pour donner l’illusion d’une station hors du temps : par exemple, les vacanciers circulent en traîneau. On avait même imaginé de les faire tirer par des rênes importés de Laponie. Malheureusement, les rênes n’ont pas été emballés par Avoriaz.

1Brigitte Bardot & Henri Charrière à Avoriaz (date ?)

Ils sont partie d’eux-même pour la Suisse. Les rênes s’en vont, mais les vedettes arrivent. Ce sont les premiers à comprendre que les vacances sont devenues une industrie. Avoriaz devient un lieu à la mode, un « Saint-Tropez des sports d’hiver ». les Français sont plus nombreux à prendre des vacances à la montagne. Ils seront aussi bientôt plus nombreux à partir à l’étranger, grâce à un nouveau moyen de locomotion : l’avion.

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Jusque là, l’avion était réservé aux privilégiés, aux hommes d’affaires. Pour les autres, l’aéroport était plutôt un lieu de promenade. On y venait en famille, le dimanche, par curiosité, ou pour rêver un peu.

Gilbert Bécaud – Dimanche à Orly (1963)

La chanson de Bécaud le dit merveilleusement bien. C’était comme aller sur la lune. La caravelle, le must de cette époque, n’était pas une partie de plaisir. Un voyage angoissant avec des à-coups qui donnaient vraiment mal au cœur. Ce n’est que dans les années 1970 que l’avion devient plus accessible. Notamment les étudiants qui bénéficient alors de billets à prix réduits pour des charters…

Ce sont parfois de hauts lieux du tourisme qu’il faut protéger des vacanciers eux-mêmes. En montagne, il y a cinquante ans, la montée en altitude était réservée aux pros. Aujourd’hui il est courant de la pratiquer mais à quels risques (humain et naturel) ? Les stations de ski sont bondées. Cela n’est malheureusement pas sans dégâts : déchets plastiques sur les bords des routes, jusqu’à hauteur des glaciers, en mer, déjections humaines, etc…

Ces préoccupations sont bien loin de celles des années 1960. Cinquante ans après les vacances de masse, le camping est toujours la destination numéro 1. Mais il a beaucoup évolué. Le camping sauvage a disparu et laisse la place au camping cinq étoiles. Les tentes sont de plus en plus remplacées par des mobile-homes. Et les caravanes ont été remplacées par les campings-cars.

Les vacances signifiaient véritablement la décentralisation, le changement, partir là où la vie est différente d’où l’on vit quotidiennement, le délassement après le dur travail en usine, le calme, faire ce que l’on veut où l’on veut, quand on veut, l’absence de sollicitations, la liberté. Aujourd’hui, tout se matérialise, le confort est le maître mot, la liberté a changé de cap…

Hélène Jevaud pour Folie Vintage

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