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Les vacances, 3ème partie

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Michel Galabru, Jean Lefebvre et Louis de Funès devant la gendarmerie de Saint-Tropez en 1964 © ouest-france.fr

Les VVF (Villages Vacances Français) font émerger une nouvelle demande qui va se développer au cours des années 1960. Beaucoup de Français songent à acheter une résidence secondaire. Après la plage, ils visitent les appartements en construction. De la Bretagne à la Côte d’Azur, en passant par Saint-Jean-de-Mont, les résidences poussent comme des champignons… avec plus ou moins de succès. Désormais, le camping sauvage est interdit et on peut compter, entre autre, sur les fameux gendarmes de Saint-Tropez pour faire régner l’ordre.

Vidéo d’archives : Geneviève Grad, Douliou Douliou Saint Tropez 1965

En ville, comme à la plage, Saint-Tropez est bien LA ville de tous les excès. Les habits et les comportements sont toujours plus excentriques, au grand dam des vrais habitants du village. Les « fous », comme les appellent les tropéziens, ont été les premiers à lancer une toute nouvelle mode : le monokini.

Vidéo d’archives : La vie à Saint Tropez et le monokini – 1964 – source INA

Après le scandale du Bikini durant l’après-guerre, le monokini provoque donc des polémiques dès le début des années 1960. La société se transforme, les mœurs se libèrent et les seins nus envahissent les plages malgré les interdictions. Le monokini devient un symbole de la lutte féminine. Il ne cesse de gagner du terrain.

Qu’il soit complètement nu ou avec un maillot à fleurs, le vacancier veut être bronzé. La mode n’est plus au teint blanc du début du siècle. Le premier spot publicitaire pour une huile de bronzage date de 1947. On y parle un peu de protection, mais l’accent est mis davantage sur le bronzage. Pendant des années, ils en seront persuadés, le soleil ça ne peut faire que du bien. Et pour brunir plus vite, certains s’enduisent le corps de n’importe quoi, comme de l’huile utilisée pour la traite des vaches laitières par exemple (véridique !). Ce n’est que dans les années 1980 que l’on commence à se préoccuper des méfaits du soleil. Et c’est donc la génération qui a joué au lézard qui est particulièrement visée.

Vidéo d’archives : Publicité Ambre Solaire – source INA

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Robert Doisneau – Nationale 7 – 1954

Si les Français sont si nombreux à se rendre sur la côte depuis cinquante ans, c’est grâce à leur automobile. Ce qui était un rêve au sortir de la guerre, devient enfin accessible. En 1960, il y a sept millions de véhicules sur les routes, quatre fois plus que dix ans plus tôt. La voiture, c’est la liberté, c’est elle qui permettra de partir où l’on veut, quand on veut. Elle est la reine des vacances. Quant à la reine des routes, elle a déjà une chanson.

 

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Vidéo d’archives : Charles Trenet – Nationale 7 – 1959

La Nationale 7 compte beaucoup de villages sur sa route. Elle a enchanté, entre autres, les auto-stoppeurs. C’est LA route des vacances. Nous sommes en vacances dès lors que nous l’empruntons. Mais en 1960, la Nationale 7 va perdre de son prestige. Un chantier gigantesque s’est ouvert aux portes de Paris. Dès 1960, on inaugure l’autoroute. Pour répondre à l’évolution des trafics, l’État s’est lancé dans la construction de voies rapides. Mais ce qui est en pleine construction en France, est déjà en service en Italie, en Allemagne, et dans les pays nordiques. Le 29 octobre 1970, l’autoroute du Sud est officiellement inaugurée. Le président Georges Pompidou a choisi Saint-Denis-les-Baumes, une commune de Bordeaux, située à équidistance de Toulon et de Marseille. Devant les caméras, le président prend l’autoroute durant sept kilomètres au soleil. Après dix-sept ans de travaux, on peut enfin traverser la France, du Nord au Sud, par voie rapide. Mais cela présente aussi bien des avantages, comme celui des raccourcis de distance, que des désavantages, comme l’ennui qui s’installe rapidement quand trois cent kilomètres sont à faire. Les autoroutes ont moins de charme que les départementales ou nationales. Et en plus, elles sont payantes. Quand aux bouchons, ils n’ont pas disparus, au contraire. Le nombre de véhicules ne cesse d’augmenter. Il faut compter de trois à quatre heures pour parcourir 10.000 kilomètres. Mais il y a plus grave : qui dit plus de monde sur les routes, dit plus d’accidents (nous en parlions dans le premier article sur les vacances). En 1958, dès les premiers départs, le ministre des transports, Robert Buron, intervient solennellement pour rappeler le B-A BA de la conduite. Mais toucher à la voiture, c’est toucher à la liberté individuelle. L’État tarde à intervenir, jusqu’en 1972 avec l’instauration des limitations de vitesse.

(source : http://routenationale7.blogspot.fr)

A suivre…

Hélène Jevaud pour Folie Vintage

 

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