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Les vacances… 2e partie

Hélène Jevaud nous proposait un premier article (ici) d’une série au sujet des premières vacances des français… revenons donc à nos vacanciers…

Mais où allaient-ils donc ?

Dès 1964, un Français sur quatre part à la mer. Et la mer à la mode, c’est la Méditerranée. Charmant petit port de pêche, Saint-Tropez devient, dès 1958, l’endroit le plus prisé de la côté d’Azur. C’est le lieu de villégiature choisi par une des plus grandes stars françaises de l’époque, Brigitte Bardot.

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A. Hitchcock . La Main au Collet (1955) – Grace Kelly & Gary Grant

Dès 1964, un Français sur quatre part à la mer. Et la mer à la mode, c’est la Méditerranée. Charmant petit port de pêche, Saint-Tropez devient, dès 1958, l’endroit le plus prisé de la côté d’Azur. C’est le lieu de villégiature choisi par une des plus grandes stars françaises de l’époque, Brigitte Bardot.

BB ne se montre pas souvent. Elle passe ses journées à La Madrague, sa villa, qui sert de cadre à l’enregistrement de ce scopitone. Et comme les stars attirent les stars, Saint-Tropez devient un lieu incontournable de jour comme de nuit.

Mais si la chasse aux célébrités ne vous plaît pas, et si vous préférez une autre forme de vacances, moins chère et plus structurée, le Club Méditerranée tranche avec tout ce qui pouvait exister avant. Pour la première fois, on propose des vacances organisées où tout est compris : forfait et liberté d’esprit. L’idée vient d’un ancien joueur de water-polo, Gérard Blist, associé à un constructeur de tentes, Gilbert Tricanou. À leurs clients, ils promettent de retrouver le paradis perdu. Dès son arrivée, le vacancier doit se sentir dans un nouveau monde, empli de fête et de bonne humeur. Le vacancier est un Robinson de luxe. En entrant dans le village, il abandonne ses affaires de ville et son quotidien. On ne ferme pas les chambres à clef : on est une bande de gentils membres, encadrés par de gentils organisateurs et un chef de village que l’on peut tutoyer. Un monde où l’argent n’existe pas non plus. On paye avec des colliers de perles. Quant aux différences sociales, elles disparaissent.

Fondée sur le sport et la vie au grand air, cette formule de vacances se distingue aussi par les activités qu’elle propose. On peut y faire des choses extraordinaires pour l’époque, comme du ski nautique ou de la plongée. Et d’autres activités plus inattendues, comme une pose musicale en pleine nature qui nous transporte hors du temps.

Quand le séjour s’achève, on chante encore jusqu’à la dernière minute. Les clients ont ainsi le sentiment d’être des privilégiés. Et dans les années 1960, ce type de vacances de masse n’a jamais autant bien porté son nom.

En France, la côté Méditerranéenne est proche de l’asphyxie : à Cannes, Nice ou Saint-Tropez, les hôtels et les campings n’ont plus un mètre de libre. Faute d’aménagements suffisants, les vacanciers s’installent n’importe où, n’importe comment.

Alors beaucoup de Français filent vers la nouvelle destination à la mode : l’Espagne. La mer, le soleil, des infrastructures bon marché. La Costa Brava Espagnole est une sacrée concurrence pour le tourisme français. Le gouvernement aimerait trouver un moyen de retenir ses vacanciers. Et il y a peut-être une solution : le Languedoc-Roussillon. Une côte de cent- quatre-vingt kilomètres entre Montpellier et Perpignan, de grandes étendues vierges, occupées essentiellement par des moustiques et des chevaux sauvages. On pourrait en faire un paradis des vacanciers. C’est un projet que suit le président français, Charles de Gaulle. La France doit développer son tourisme et le Languedoc devient une priorité nationale.

Le projet est lancé en 1963 et il est gigantesque : vingt ans de travaux. Il faut d’abord assécher les marais, puis éradiquer les moustiques. Bientôt, on appellera cette région « La Californie Française ».

Cela va changer pour les habitants de la côte… beaucoup même. Ici, sept stations balnéaires vont sortir de terre. Des marinas, des plages aménagées, des hôtels, des villas, des appartements, des campings, etc. La côte accueillait 360.000 touristes en 1962. Ils sont aujourd’hui plus de dix millions.

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Panneau d’entrée de ville . La Grande Motte © lagrandemotte-architecture.com

En 1958, une nouvelle forme d’hébergement pour familles voit également le jour. Les côtes du Languedoc seront prisées notamment pour cela. Il s’agit des villages de vacances. Ils proposent une toute nouvelle formule d’hébergement : la location à la semaine. C’est simple, mais avant les années soixante, cela ne se fait pas. Si on louait, c’était pour un mois. Les VVF, financés par les Caisses d’Allocations Familiales, permettent aux familles modestes de partir quelques jours dans une maison confortable. Quant aux enfants, ils sont complètement pris en charge, les loisirs comme les repas. Il y a une crèche, une cantine, etc. Les parents peuvent enfin souffler.

A suivre…

Hélène Jevaud pour Folie Vintage

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