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La Pin Up

La pin-up, avec ses poses parfois quelque peu provocantes, ne doit pas être associée à la pornographie, et c’est malheureusement souvent le cas !  Traditionnellement, la pin-up ne montre jamais sa nudité et préfère laisser place à l’imagination, à la suggestion. Les femmes dans ces photos s’affichent bien souvent souriante et chaleureuse, ce qui suggère plutôt un clin d’œil à la « girl next-door »…

L’âge d’or des pin-up se situe dans les années 1940 et 1950, principalement aux États-Unis. Le « pin-up art » est un genre artistique aussi profondément américain que les tableaux d’Edward Hopper. Les GI’s punaisaient les dessins ou les photos de leurs starlettes au mur de leurs casernes… « To pin up » en anglais ! L’expression rentre dans le langage dans les années 40. Appelée aussi « Cheesecake », de l’expression pour parler d’une femme séduisante « better than cheesecake », qu’elle soit dessinée ou photographiée, dans un magazine ou un calendrier, la pin-up n’est pas une vraie femme mais un fantasme: on la dévore des yeux, on ne l’épouse pas. La posture accuse les formes du corps pour accentuer ses proportions (par exemple : le pied tendu dans la ligne de la jambe), l’expression du visage nous dit qu’elle est une jeune fille simple, jamais une vamp, et que son existence est uniquement de l’ordre de l’image.

« Le visage d’une adolescente de 15 ans et le corps d’une femme de 20, une chevelure luxuriante, des seins généreux mais pas trop, de jolies jambes, une taille de guèpe et enfin, une grace naturelle »


La pin-up patriote : sur les avions (nose art), dans les revues de l’armée (Yanks) épinglée dans les chambres…

Les pin-up apparaissent sur des magazines, journaux, posters, calendriers ou des « cartes d’arts » vendues dans les distributeurs automatiques des galeries marchandes. Le premier calendrier des Vargas Girls, publié en 1940, est un best-seller. Et la pin-up conquiert ses titres de respectabilité : les magazines généralistes (Time, Look, Cosmopolitan …) demandent à des artistes de croquer les stars de cinéma dans le style »pin up »

Sous les pinceaux des illustrateurs emblématiques de cette période Gil Elvgren, Alberto Vargas, Earl Moran, Edward Runci et des dessinateurs femmes de pin-ups, et non des moindres : Mabel Rollins Harris, Joyce Ballantyne, les sœurs Patten, Laurette et Irène, Pearl Frush et Zoë Mozert.., les pin-ups s’étalent partout, jusque sur les couvertures des romans classiques de Faulkner, Brontë et Steinbeck… « Esquire », le célèbre magazine américain, pénétrait tous les foyers et avec lui, les plus belles images de pin-ups illustrant de articles d’actualité ou fiction. « Esquire » sera à jamais le plus grand outil de propagation des pin-ups.

Durant la seconde guerre, pour remonter le moral de ses troupes, l’US Army invite régulièrement quelques-unes des stars les plus sexy à visiter le front. Marlène Dietrich et Ava Gardner seront ainsi  »médaillées » pour leur dévouement.La pin up est élevée au rang de déesse guerrière. Elle s’habille avec la bannière étoilée, elle s’engage comme infirmière ou comme soldat de la Navy. Elle finit par personnifier la femme américaine, sûre d’elle et audacieuse. Coté britannique les tommies ont aussi leur pin-up avec Jane, bande dessiné publié par le Daily Mirror dont les scenario n’a qu’un but trouver le moyen de lui donner l’occasion de se déshabiller.

Les plus célèbres pin-up de ces années-là Betty Grabble et ses « one-million-dollar legs », première à être élue « Reine des pin-ups ». (la photo la plus célèbre de Grabble est une photo de dos où elle a la tête tournée avec un sourire coquin. Cette pose était due à sa grossesse naissante) Veronica Lake, « la fille au pull-over », Ann Sheridan, Rita Hayworth… L’après-guerre verra la photo prendre le pas sur l’illustration. Et aussi l’apparition de Norma Jean (qui deviendra bientôt célèbre sous le nom de Marylin Monroe) et de Bettie Page.


Betty Grabble, Rita Hayworth, Ann Sheridan

Face à ces « pin up » ou « cheese cake » on voit aussi apparaitre dans les années cinquante leur version masculine le « beefcake ». C’est à Bob Mizer que l’on doit les photographies de modèles athlétiques les plus connues ; sous couvert d’offrir à Hollywood un moyen pratique de trouver des modèles pour sa production cinématographique, Bob Mizer a créé dans les années 1940 son agence de mannequins-acteurs. C’est en 1952 qu’il crée son magazine Physique Pictorial, copié dès 1952 par d’autres Tomorrow’s Man, Body Beautiful, Adonis…

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