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Frida Kahlo

Elle s’appelait Magdalena Carmen Frida Kahlo Calderón, née un 6 juillet 1907 à Coyoacán (elle disait être née en 1910, année du déclenchement de la révolution mexicaine). Héritière de deux cultures, sa mère faisait partie de la tradition familiale oaxaqueña et son père était photographe, d’ascendance judeo-hongroise, né en Allemagne.

Frida Kahlo fait partie de ces artistes talentueux, engagés, éternels et maudits…. A l’âge de 8 ans, Frida est atteinte par la poliomyélite : sa jambe droite s’atrophie et le pied ne grandit pas comme il le devrait, ce qui lui vaudra le surnom de « Frida-la-boiteuse ». A l’âge de 17 ans, un accident d’autobus la contraint à restée alitée des mois complets. Frida Kahlo mènera une lutte acharnée contre elle-même, jusqu’à la fin de sa vie… Coincée dans un corset de plâtre, à son chevet, un chevalet et un miroir l’accompagnaient pour à chaque fois peindre sa propre image… On compte plus de 70 autoportraits de l’artiste avec, sur chacun d’eux, une Frida différente. (seul Rembrandt aura été plus prolifique).

« Je me peins moi même parce que j’ai beaucoup de temps seule et parce que je suis le motif que je connais le mieux ».

En 1928, elle montre son œuvre à Diego Crique, l’un des peintres les plus importants du Mexique, qui deviendra son époux un an plus tard. Mais elle ne deviendra jamais mère… Pour cette raison, il est possible de comprendre l’intérêt qu’elle portait à l’étude de l’anatomie et de la médecine, sciences auxquelles elle voulait se consacrer lorsqu’elle était enfant. Elle l’immortalisera dans ses œuvres, avec des thèmes très variés : du processus biologique à la reproduction cellulaire jusqu’aux différentes étapes de la formation de l’enfant dans le ventre de sa mère.

La même année, elle s’inscrit au Parti Communiste mexicain, alors que la politique du pays est encore très instable. Elle défend aussi l’émancipation des femmes mexicaines dont la place reste encore marginale dans cette société qui demeure très machiste. Frida choque et affiche ouvertement sa liberté de femme moderne et même sa bisexualité. Elle troque ses vêtements traditionnels féminins contre un style très masculin afin d’afficher son indépendance.

« Je m’habillais comme un garçon avec des pantalons, des bottes et une veste en cuir, mais lorsque j’étais avec Diego, je mettais mon costume de Tehuana. »

Qualifiée de peintre surréaliste d’après ses œuvres contenant des éléments fantastiques – outre ses autoportraits, le folklore et les traditions populaires mexicaines – Frida rejetait pourtant l’idée, pensant montrer rien de plus que ses sentiments les plus profonds.
Une année avant son décès, elle expose pour la première fois à la Galerie d’Art Contemporain de la ville de Mexico. En 1954, elle assiste à une manifestation de protestation de l’invasion des États-Unis au Guatemala, fait qui affecte définitivement sa santé. A 47 ans, atteinte d’une grave pneumonie, elle décède, laissant une polémique derrière elle : son cercueil fut couvert par le drapeau du Parti Communiste mexicain. Elle fut incinérée le 14 juillet, comme elle le désirait. Sa maison de Coyoacán est connue aujourd’hui comme le Musée de Frida Kahlo ou « la Maison Bleue ». www.museofridakahlo.org.mx

« Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée ! »

L’œuvre de Frida se retrouve également dans son style vestimentaire : son corps meurtri est emporté sous le volant de ses jupes superposées et, à chacun de ses pas, ses breloques dansent et annoncent son pas boitant… S’habiller en costume traditionnel mexicain pouvait apparaître comme un genre de soumission aux stéréotypes, mais Frida voyait en cela un moyen d’affirmer le pouvoir féminin.
Colorée et exotique, la tenue tehuana arborée par Frida dès son mariage avec Diego Rivera contribuera à entretenir son mythe. Elle portait de longues jupes multicolores, des hauts colorés, des huaraches (sandales des Indios), des foulards chatoyants, des broderies riches et toujours des fleurs dans ses longs cheveux bruns qui racontent aussi une histoire. Souvent noués en catogan avec divers foulards, ils seront coupés à la garçonne lors de sa douloureuse rupture avec Diego Rivera.


« Mira que si te quise fué por el pelo, ahora que estas pelona, ya no te quiero. »

Depuis longtemps, Frida Kahlo est une image qui fait vendre, jusqu’au pas de la porte de sa maison bleue qui semble avoir plus l’âme d’un office de tourisme qu’une maison d’artiste… Partout, c’est à celui qui criera le plus fort que sa visite touristique autour de «Frida et Diego» ou son costume Tehuana est le meilleur… Jusqu’en occident où les plus connus du milieu de la mode comme Jean Paul Gaultier s’approprieront les bases de son style pour en faire à sa propre sauce, pourvu qu’elle soit vendeuse ! Frida Kahlo est donc un mythe dont on n’a pas fini d’entendre parler, et sur tous les fronts.
Femme libérée, communiste, intégrée par le mouvement surréaliste (hélas, bien trop tard), Frida Kahlo (1907-54) dont la vie et l’œuvre se sont inscrites dans les mouvements d’avant-garde du XXe siècle, est rattrapée par le marketing commercial…

Le film «Frida» de l’Américaine Julie Taymor.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Frida_%28film%29

Jean Paul Gaultier collection : “Homage To Frida Kahlo”, 1998

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