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Le « Café Society » de Woody Allen : un cru 2016 millésimé 1930 !

Le dernier film de Woody Allen se déroule dans les années trente.
Normal me direz-vous car, tout autant que moi, vous êtes toutes et tous extrêmement cultivés et qu’il ne fait aucun doute dans votre esprit que ce titre « Café Society » fasse référence à ce qui aujourd’hui s’appelle la Jet Set, bref les « people », ceux de ce début de XXème siècle, entre la fin de la prohibition et la seconde guerre mondiale.
Votre culture ne vous fait pas défaut, je vous rassure, vous avez raison!

Bien entendu Allen ne nous sert pas un remake de son «Celebrity» de 1998. Il ne traite pas des mécanismes de la célébrité. Mais si on ne croise pas (ou peu) de gens réellement connus, référence leur est faite à chaque échange et leurs noms constellent littéralement le film.

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Pour faire court : le jeune Bobby Dorfman, personnage principal, vient à Hollywood et sollicite son oncle, agent des stars. Ce dernier lui offre un petit boulot et lui fait faire le tour de la ville par une de ses secrétaires : Vonnie (diminutif de Véronika). L’intrigue est légère, classique, rien ne sert donc de la dévoiler. Cette romance mélancolique se savourera avec plaisir d’autant qu’elle est servie pas un savoureux cocktail de dialogues aussi subtils que drôles, portés par des acteurs vifs et délicats (Jesse Eisenberg et Kristen Stewart pour les principaux).


Woody Allen a parait-il déclaré que «  le passé est plus glamour » … Avis que je partage sans doute trop. Mais on ne peut lui donner tort quand on regarde « Les roses pourpres du Caire », « Accords et désaccords », « Minuit à Paris » ou encore récemment « Magic in the Moonlight ».
Il y a dans la morale de « Café Society » un trait commun, me semble-t-il avec celle de « La rose pourpre du caire » une morale teintée de désillusion, acidulée mais sans gravité. Presque raffinée.
Pour reprendre une expression que j’ai lu récemment, il y resplendit un réel « spleen Fitzgeraldien ».

Contrairement au «Gatsby Le Magnifique» de Baz Luhrmann qui fit dans l’étincelant et, d’après moi, loupa quelque peu le coche, la chronique douce-amère que nous livre ici Woody Allen garde une sobriété qui met d’autant en valeur les plans et séquences, les décors, les costumes, toute une reconstitution épatante et délicieuse. Autre point de comparaison, la voix off que je trouvai superfétatoire, voire détestable (comme une erreur de casting), dans le récent Gatsby, a un tout autre charme, et trouve dans «Café Society» une réelle justification, et sert pleinement la narration.

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Quant à la bande son, – on sait que Allen apprécie le jazz, il n’y a qu’à revoir « Accords et désaccords » – elle satisfera sans aucun doute les amateurs, dont je suis. Je me suis d’ailleurs retenu plusieurs fois d’inviter ma voisine à danser.

D’aucuns diront que ce n’est pas là le plus grand Allen, et je serais de leur avis ; pour autant le plaisir ne se boude pas, qu’il soit petit ou grand.

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Marc TRESVE  pour Folie Vintage

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